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L'auteur de cet article décline toute responsabilité en cas de problème  et vous avise que les conseils donnés ne sauraient en aucun cas remplacer l'avis d'un vétérinaire !


La maîtrise de la reproduction chez le chat passe par la stérilisation de la femelle et la castration du mâle. Il existe 2 procédés : par médicaments et par chirurgie.

Les médicaments visent à bloquer la production hormonale.

La stérilisation consiste à retirer les ovaires (parfois avec l’utérus) et la castration consiste à retirer les testicules.

POURQUOI STERILISER OU CASTRER ?

La stérilisation et castration présente de nombreux avantages, tant pour le maître que pour le chat lui-même.

Voici les caractéristiques du mâle entier, arrivé à la puberté (vers 6 mois) :

marquage de son territoire par les urines. La séquence de marquage est la suivante : flairage du support vertical, pétrissage du sol, poils hérissés, queue dressée et hérissée, parfois vocalise puis émission d’un jet d’urine horizontal (chat debout, dos au support, queue verticale), pétrissage du sol, flairage et éloignement. Ce marquage se fait aussi bien à l’extérieur si le chat y a accès qu’à l’intérieur de la maison.

odeur très forte des urines due aux produits de dégradation du sperme

vagabondage, bagarres avec ses congénères pour le territoire et pour les femelles (risque d’accident par les voitures, d’abcès, de transmission de maladies infectieuses,..)

recherche des femelles en chaleur : miaulement pour sortir

Voici les caractéristiques de la femelle entière, arrivée à la puberté (vers 6 mois) :

marquage du territoire comme le mâle mais en période de chaleur uniquement

période de chaleurs : la chatte miaule très fort et de façon rauque, se frotte sur les meubles ou sur les maîtres, se roule par terre, relève l’arrière-train lorsqu’on lui frotte le dos, cherche à sortir et attire les mâles. Ceci peut revenir de tous les 15 jours (race siamoise par exemple) à 3-4 fois par an (la période de reproduction s’étendant de février à octobre).

possibilité de 2 à 3 portées par an avec 1 à 8 chatons par portée !

AVANTAGES DE CASTRER/STERILISER :

abolition du marquage du territoire

diminution de l’odeur des urines

suppression des chaleurs chez la femelle et des vocalises pour le mâle et la femelle : vie plus sereine

chat(te) plus casanier(e) donc moins vadrouilleur d’où diminution du risque d’accidents par les voitures, et diminution du risque de bagarre pour le territoire

plus de recherche du partenaire donc pas de bagarres pour les femelles donc moins de risques d’abcès, de transmission de maladies (FIV, FeLV, PIF, teigne, gale,…)

évite les portées indésirées

moins de risque de cancer mammaire pour les femelles si l’opération est réalisée avant les premières chaleurs

pas de risque de kystes ovariens, pathologie utérine (vrai bien sûr s’il est effectué une ovariohystérectomie, vrai aussi si est réalisée une ovariectomie précoce et si la chatte ne reçoit jamais de traitement susceptible de déclencher une métrite (proscrire l’utilisation des progestagènes dans le traitement d’affections dermatologiques)), cancer des testicules

INCONVENIENTS DE CASTRER/STERILISER :

      - la chirurgie est irréversible

      - risque d’obésité : l’alimentation des animaux castrés doit être surveillée

CHOIX DU MODE DE STERILISATION/CASTRATION

1-PAR CHIRURGIE

Différents procédés :
Il existe différents procédés pour stériliser une femelle, tout dépend de ce que l’on veut obtenir. Les avantages et inconvénients seront détaillés au fur et à mesure

pour la femelle : plusieurs choix s’offrent :

Soit on pratique une ovariectomie (retrait des ovaires), soit une ovariohystérectomie (retrait ovaires + utérus), soit une ligature et section des trompes utérines (la chatte garde ses ovaires et son utérus).
La dernière méthode n’est que peu employée puisqu’elle ne permet que d’éviter les portées de chatons : la chatte continue de sécréter des hormones et donc, présente toujours des chaleurs, et des risques de pathologies ovariennes, utérines et mammaires.

Pour le mâle : plusieurs choix s’offrent aussi.
Soit on pratique une castration vraie (retrait des testicules) soit une vasectomie (ligature et section du cordon spermatique)
La dernière méthode n’est que peu employée car le chat conserve son comportement de mâle entier mais il n’est plus capable de procréer.

2-PAR MEDICAMENT

Les contraceptifs oraux et injectables existent aussi bien chez le mâle que chez la femelle. Ils présentent le seul avantage d’avoir des effets temporaires. La prise de pilule par voie orale chez la chatte peut s’avérer difficile (tous les 15 jours…..et difficulté d’administration des comprimés, nécessité de vérification d’absence de gestation !)

Les effets néfastes sont nombreux :

* Mamelles : risque d’apparition de tumeurs mammaires

* Utérus : une hyperplasie glandulokystique peut apparaître et précéder l’apparition d’une métrite

* Comportement : en général, cela entraîne une boulimie et donc une prise de poids

* Cycle sexuel : il peut arriver que l’effet soit définitif et que l’animal devienne stérile (rare par voie orale)

* Localement : il arrive que les poils se décolorent au point d’injection.

* Endocrinologie : induction fréquente d’un diabète.

L’ACTE EN LUI MEME : DEROULEMENT DE L’OPERATION

Le chat (ou la chatte) doit être à jeun depuis la veille au soir. A l’arrivée à la clinique, le chat (ou la chatte) est examiné(e) pour vérifier qu’il (elle) est en bonne santé pour supporter l’anesthésie. Le chat (chatte) reçoit un anti-inflammatoire (contre la douleur) et un antibiotique en prévention. Puis, l’animal est peser pour déterminer la quantité d’anesthésique à administrer. Le chat (chatte) est ensuite anesthésié en intramusculaire (la plupart du temps). 5-10 minutes après, le chat dort totalement.

*  Pour le mâle

Une variante consiste à ligaturer le cordon et le faisceau vasculaire avec un fil résorbable, de cette façon, la sûreté de l’hémostase semble être meilleure. Il existe aussi une castration à testicule couvert (une des couches n’est pas incisée (la gaine vaginale)), la ligature des vaisseaux et du cordon se fait alors avec un fil résorbable (les nœuds entre le cordon et le faisceau vasculaire sont impossible)

*  Pour la femelle

2 abords sont possibles : soit par la ligne blanche (au milieu du ventre, dans le sens de la longueur) soit par le flanc (sur le côté). L’intervention par la ligne blanche est conseillée car, elle permet de pouvoir retirer l’utérus si besoin est alors que c’est impossible par le flanc.
La chatte est donc positionnée sur le dos. Le site opératoire est tondu, désinfecté et des champs opératoires sont mis en place.

Une incision de la peau et du tissu sous-cutané est réalisée à partir du nombril et sur 2-3 cm (5-6 cm si l’utérus est enlevé en même temps). On aperçoit alors la ligne blanche (lieu de rencontre de tous les muscles abdominaux : on l’appelle comme ça parce que ça forme une ligne blanche ! !) qui est ponctionnée, la cavité abdominale est alors ouverte.

Un des ovaires est recherché avec un crochet appelé crochet à ovariectomie. Le crochet est introduit le long de la paroi abdominale, jusqu’au fond de la cavité abdominale puis, on lui fait faire une rotation et on le ramène en direction de la plaie opératoire. Normalement, la corne utérine doit être chargée sur le crochet. On la saisit alors délicatement et on remonte la corne jusqu’à son extrémité crâniale, là où se trouve l’ovaire. Des pinces sont alors placées sur les artères et veines ovariennes et sur les artères et veines utérines. Des ligatures sont mises sous ses pinces puis, on sectionne au ras des pinces, l’ovaire est ainsi excisé. Les pinces à hémostase sont alors retirées et la qualité de l’hémostase est contrôlée et améliorée si nécessaire.

Le même procédé est appliqué pour le deuxième ovaire. Une fois le 2ème ovaire retiré, on peut fermer l’abdomen avec 3 points musculaires, puis la peau est suturée avec 2-3 points cutanés.
Parfois, on met un pansement pour éviter que la chatte ne lèche la cicatrice. Le retrait des fils se fait 10 à 12 jours plus tard.

Ensuite, le chat (chatte) est surveillé (e) jusqu’à son réveil complet.

LE POST-OPERATOIRE : COMPLICATIONS EVENTUELLES

En post-opératoire immédiat ou à court terme

Il existe :

1-des complications non spécifiques de l’ovariectomie (liées à l’ouverture de la paroi abdominale)et de la castration :

collections liquidiennes au niveau de la paroi abdominale : souvent dues au léchage qui crée une inflammation, assez fréquent chez la chatte ayant un bon état d’embonpoint. Cela ne nécessite pas de ré-intervention, l’œdème diminue de lui-même en quelques jours.

lâchage des sutures : dans la très grande majorité des cas, ceci est dû au léchage de la plaie par la chatte, il faut alors ré-intervenir pour re-suturer, puis, mettre un pansement s’il n’y en avait pas et mettre une collerette pour éviter tout léchage.

péritonite : due à une intervention réalisée dans de mauvaises conditions d’hygiène, ou à la ponction accidentelle d’un viscère (intestin, estomac).

abcès de paroi : abcès au niveau du lieu de fermeture (les causes sont les mêmes que précédemment)

C’est la première complication qui est la plus fréquente et est totalement bénigne ! les 2 dernières complications sont exceptionnelles d’une part au cours d’une ovariectomie et d’autre part en chirurgie des petits animaux et résultent d’une erreur opératoire ou d’une hygiène non respectée.

2-des complications spécifiques de l’ovariectomie et de la castration :

retour en chaleur : suite à l’exérèse partielle d’un ovaire. Si un fragment ovarien reste dans la cavité abdominale, il peut se revasculariser et redevenir fonctionnel. C’est pour cette raison qu’il est préférable de faire l’opération lorsque la chatte est en période de repos sexuel lorsque la vascularisation et la congestion de l’appareil génital sont les plus faibles.

funiculite : c’est une inflammation du cordon testiculaire. Cela se produit en général une huitaine de jours après l’intervention, cela nécessite des soins locaux.

A long terme :

Obésité : un animal castré a besoin de moins d’énergie pour le métabolisme, il faut donc diminuer la quantité de nourriture par jour et utiliser une nourriture adaptée. Si malgré tout, le chat (chatte) prend du poids, il faut passer à une alimentation allégée qui est moins dense en énergie (moins de graisse, plus de protéines et de fibres) tout en gardant une portion quotidienne raisonnable. Il faut également que le chat puisse se dépenser physiquement (arbre à chat, jeu,…)

En résumé : beaucoup d'avantages et pas beaucoup d'inconvénients ! La stérilisation et castration permettent aussi de limiter la prolifération des chatons ce qui peut aller très très vite (puberté à 6 mois, 2-3 portées par an toute la vie de la chatte, le compte est vite fait et impressionnant !).
L'acte opératoire est très banal de nos jours et les complications rarissimes (le risque 0 n'existe toutefois pas : même une anesthésie sans intervention présente un risque mais, de nos jours, sur un animal en bonne santé, ce risque est réduit au maximum)

chat est positionné sur le dos ou sur le coté. Les bourses sont épilées à la main, puis, le site opératoire est désinfecté. Un champ opératoire est ensuite disposé de manière à ne laisser sortir que le scrotum.

Le chirurgien incise la peau du scrotum sur 0.5 à 1 cm et les couches de tissu recouvrant le testicule (castration à testicule découvert).

Ceci permet d’extérioriser le testicule par simple pression sur la membrane à la base du testicule.

Une pince hémostatique est ensuite posée de manière à éviter une effusion sanguine au moment de l’exérèse du testicule.

Le testicule peut alors être excisé. Il reste alors 2 cordons (le cordon spermatique et le faisceau vasculaire).

L’hémostase du faisceau vasculaire est réalisé en faisant des nœuds entre le cordon spermatique et le faisceau vasculaire (on fait ainsi 5-6 nœuds). Le surplus de cordons est sectionné et le nœud est réintégré dans le scrotum. On fait de même avec le deuxième testicule.

L’hémostase doit être vérifiée. S’il se produit une hémorragie, il faut essayer de récupérer le cordon ce qui est pratiquement impossible : il faut alors faire une compression en regard du pubis pour provoquer une coagulation. L’incision cutanée n’est pas refermée.
 

 


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