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La maladie
polykystique rénale affecte les Persans et les races
apparentées. Elle a été décrite pour la première fois en 1967.
Au départ, on considérait cette maladie comme une cause
d’insuffisance rénale chronique mais aujourd’hui, il est
préférable de la considérer comme une tare génétique.
CHATS
ATTEINTS
Les chats atteints de cette maladie sont des Persans ou des
races apparentées c’est-à-dire, que majoritairement, on
rencontrera cette affection chez des Persans mais qu’on peut
aussi la rencontrer chez des croisements de Persans et chez
des races ayant de par leurs ancêtres du sang de Persan.
Parmi ces races, on trouve :
° l’Exotic Shorthair
: 99.99% de sang Persan dans leur ascendance
° le Selkirk Rex : de
30 à 60% de sang Persan dans leur ascendance
° le British
Shorthair et le Scottish Fold : de 20 à 30% de sang Persan
dans leur ascendance
° le Sacré de
Birmanie et l’American Shorthair : de 10 à 20% de sang Persan
dans leur ascendance
° l’American Wirehair
et le Devon Rex : de 5 à 10% de sang Persan dans leur
ascendance
° le Maine Coon : 5%
de sang Persan dans leur ascendance
° le Chat des Forêts
Norvégiennes, le Sphynx, l’Oriental, le Bombay, le Manx, le
Cornish Rex,
l’Abyssin, le Somali : quelques gouttes de sang Persan dans
leur ascendance.
On estime qu’environ
30% des Persans sont porteurs de la PKD.
Par contre, pratiquement aucun sang persan n’a été trouvé dans
l’ascendance des :
° Siamois
° Singapura
° Ocicat
° Mau Egyptien
° Bengal
° Bleu Russe
° Korat
° Bobtail Japonais
GENETIQUE
Chez le Persan, la PKD est une affection héréditaire à
transmission autosomale dominante :
- Le fait que la
maladie soit à transmission autosomale veut dire que la
maladie n’est pas portée par un chromosome sexuel et donc que
mâle et femelle sont atteints de la même façon.
- Le fait que la
maladie soit à transmission dominante veut dire qu’il suffit
qu’un chat ait un seul allèle PKD pour être atteint :
c’est-à-dire qu’il n’y a pas de porteur sain (tous les chats
porteurs auront des kystes).
Pour chaque gène,
un animal possède 2 allèles : l’un transmis par sa mère et
l’autre par son père. Ces allèles peuvent être identiques
(l’animal est alors homozygote) ou différents (l’animal est
alors hétérozygote).
Si on désigne par PKD
l’allèle responsable de la maladie et par + l’allèle sain : on
peut avoir des chats PKD/PKD, des chats PKD/+ et des chats
+/+. C’est-à-dire qu’un chat atteint peut être PKD/PKD ou PKD/+.
Pourtant, d’après plusieurs études, aucun chat atteint n’a été
trouvé PKD/PKD ce qui laisse penser que les chats PKD/PKD
(homozygotes) ne sont pas viables.
On aura donc soit des
chats PKD/+ (atteints) soit des chats +/+ (sains).
Conséquences de ce mode de transmission :
- quand on fait
reproduire un individu sain avec un individu atteint, on aura
parmi les descendants :
- 50% de chatons PKD/+
- 50% de chatons +/+
autrement dit 50% de
chatons atteints et 50% de chatons sains.
- quand on fait
reproduire deux individus atteints, on aura parmi les
descendants :
- 50% de chatons PKD/+
- 25% de chatons PKD/PKD
- 25% de chatons +/+
autrement dit 25% de
chatons sains, 50% de chatons atteints et 25% de non viables
- quand on fait
reproduire deux individus sains, on aura parmi les descendants
:
- 100% de chatons +/+
autrement dit 100% de
chatons sains.
DONC :
- quand on veut être
sûr d’obtenir des chatons sains, il faut ne faire reproduire
entre eux que des animaux sains
- 2 individus
atteints peuvent engendrer des chatons sains.
LESIONS
Les chats atteints développent des kystes à l’intérieur des
reins. Ces kystes grossissent et finissent par détruire le
parenchyme rénal. Le rein ne peut alors plus remplir sa
fonction d’épurateur.
la première image
représente un rein normal, la deuxième un rein avec des kystes
(4 kystes en haut à gauche et 1 kyste en bas à droite) et la
troisième un rein au stade terminal de la maladie
L’apparition et l’évolution de kystes rénaux pourraient en
outre être favorisées par des facteurs extérieurs : certains
médicaments, hypertension artérielle, inflammation de
l’appareil urinaire, ..
L’atteinte est bilatérale : c’est-à-dire que les 2 reins
sont atteints. Les reins apparaissent gros et bosselés.
La taille des kystes augmente avec l’âge mais leur nombre
semble rester constant chez un même individu.
Des kystes peuvent parfois envahir le foie, l’utérus et
parfois le pancréas.
L’espérance de vie des chats atteints est de plus de 8 ans
mais 20 à 30% des chats seront morts avant 5 ans. La majorité
des chats atteints de PKD évolue vers une IRC (insuffisance
rénale chronique) fatale à long terme.
En fait, la gravité de la maladie dépend du nombre de kystes
et de leur croissance. On peut trouver tous les cas de figure
:
- chat avec peu de
kystes mais grossissant beaucoup => mauvais
- chat avec peu de
kystes et grossissant très peu => bon
- chat avec beaucoup
de kystes et grossissant peu => bon
- chat avec beaucoup
de kystes et grossissant beaucoup => mauvais
SIGNES CLINIQUES
Les Persans porteurs demeurent cliniquement normaux en moyenne
jusqu’à l’âge de 7 ans, puis au-delà, le chat peut
déclarer une insuffisance rénale chronique. Les chats
atteints sont alors présentés pour augmentation de la prise de
boisson et de la quantité d’urine, mauvais appétit,
vomissements intermittents, amaigrissement. Au stade terminal
de la maladie, le chat sera très maigre, anorexique, aura de
la diarrhée, des vomissements et, au tout dernier stade,
tombera dans le coma (coma urémique).
Il est impossible de prévoir l’évolution des kystes : chez un
certain nombre de chats, les kystes vont grossir très vite et
ces chats vont déclarer une insuffisance rénale chronique tôt
alors que chez certains chats, les kystes vont peu grossir ou
leur nombre va être faible et donc la fonction rénale s’en
trouvera que peu modifiée et leur espérance de vie sera
normale.
DIAGNOSTIC
Le diagnostic repose sur une suspicion clinique : symptômes d’insuffisance
rénale chronique chez un chat persan ou apparenté
(à savoir abattement, augmentation de la soif et de la
quantité d’urine émise, perte de poids, baisse de l’appétit)
et la présence de gros reins à la palpation de l’abdomen (néphromégalie).
Le diagnostic différentiel d’une néphromégalie doit inclure :
- Lymphome rénal
(=tumeur des reins)
- pseudokystes
périnéphriques (=kystes sur les reins et non pas dedans)
- hydronéphrose
(=dilatation de la partie récoltant les urines au niveau des
reins)
- néphrite
granulomateuse (=causée par la PIF en général)
- PKD
L’examen de choix
pour différencier toutes ces affections et donc diagnostiquer
la PKD est l’échographie des reins qui permet de visualiser
les kystes. Le diagnostic échographique de l’affection au
stade symptomatique ne pose en général pas de problème.
TRAITEMENT
Il n’existe pas de traitement spécifique. Le traitement est
celui de l’insuffisance rénale chronique.
METHODES DE
LUTTE CONTRE LA PKD
La maladie étant à déterminisme autosomal dominant, tous les
porteurs de la tare présentent des kystes. Il est donc
relativement aisé de trouver les animaux sains et les animaux
porteurs.
Le dépistage s’effectue par échographie avec un matériel
adapté (sonde d’au minimum 7.5MHz). L’échographiste doit être
expérimenté.
Il est inutile de commencer trop tôt le dépistage car, au
départ, les kystes sont de très petite taille et donc, il sera
très difficile de les visualiser à l’échographie : on risque
alors de passer à côté de certains chats atteints et donc de
les mettre à la reproduction alors qu’ils sont peut être
positifs.
Il apparaît que 10 mois est un bon âge pour le dépistage : on
peut ainsi détecter 95 à 98% des porteurs. C’est-à-dire que
sur 100 chats atteints, 95 à 98 chats peuvent être détecté dès
10 mois.
Quand on détecte un animal positif à n’importe quel âge, on
est sûr qu’il est atteint.
Sur cette image d’échographie, le parenchyme rénal apparaît
grisâtre et les kystes (rempli de liquide) apparaissent noirs.
Si l’on veut éradiquer la maladie dans un élevage, il faut
systématiquement faire pratiquer une échographie rénale dès
l’âge de 10 mois. 2 cas de figure se présentent :
- soit le chat est
atteint et alors, d’une part il ne faut pas le mettre à la
reproduction mais le castrer et d’autre part, il faudra
retourner dans ses ascendants pour les dépister (puisqu’il
aura forcément hérité la maladie de l’un de ses parents ou des
2) et ne plus faire reproduire le ou les parents atteint(s).
- soit le chat ne
présente pas de kystes visibles et alors, il apparaît plus
raisonnable (si on veut être sûr de produire des chatons
sains) de refaire une échographie 3 à 6 mois plus tard pour
éliminer les 2 à 5% de chats positifs que l’on n’aura pas
détecté à 10 mois.
Des tests génétiques
sont en cours de validation aux Etats-Unis.
Si un chat présentant un très fort potentiel reproducteur
s’avérait positif, on peut éventuellement le mettre à la
reproduction mais dans ces cas-là, toujours avec un chat
négatif, tout en sachant que 50% des chatons issus de cette
portée seront positifs et 50% des chatons seront sains. Cela
doit donc être réservé aux chats d’exception.
La PKD est une affection à transmission autosomale dominante
touchant les Persans, leurs croisements et les races
apparentées. Elle se traduit par le développement de kystes
dans le parenchyme rénal parfois à l’origine d’une
insuffisance rénale chronique pouvant entraîner la mort.
Cependant, le mode d’évolution est très différent selon les
individus, pouvant aller de la mort vers 4 ans à une espérance
de vie tout à fait normale.
1/3 des Persans semblent touchés par cette affection qui est
pourtant facilement repérable par échographie (si le matériel
utilisé est adéquat et si l’échographiste est expérimenté) et
qui pourrait donc être facilement éradiquée.
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