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L'auteur de cet article décline toute responsabilité en cas de problème  et vous avise que les conseils donnés ne sauraient en aucun cas remplacer l'avis d'un vétérinaire !

PIF = péritonite infectieuse féline
Maladie virale due à un coronavirus. Il existe plusieurs types de coronavirus (certains sont pathogènes, d’autres non).

TRANSMISSION

Le coronavirus (donc pas la PIF) se transmet par ingestion ou inhalation à partir des selles de chats infectés soit par contact de chat à chat soit à partir des bacs à litière. La transmission par la salive est très fugace (les 2-3 premiers jours de la contamination), le virus n’est ensuite plus excrété par la salive.

La transmission placentaire (au cours de la gestation) est extrêmement rare (un cas décrit). Les chatons sont protégés pendant 5 semaines grâce aux anticorps de la mère puis, c’est à partir des adultes qu’ils se contaminent.

CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LE CORONAVIRUS

Seul 1 chat séropositif sur 3 est excréteur de coronavirus (détection des chats excréteurs par test PCR sur les selles) : c’est-à-dire que seul 1/3 des chats porteurs de coronavirus sont susceptibles de transmettre le virus.

Un chat malade de la PIF n’est pas excréteur : c’est-à-dire que lorsque les symptômes sont là, le chat ne représente pas un risque pour un autre.

Le coronavirus est résistant dans le milieu extérieur : jusqu’à 7 semaines à 21°C. Par contre, il est rapidement détruit par les détergents usuels (mélange eau/savon, eau de javel).

Environ 95 à 100 % des chats en contact avec un chat infecté sont contaminés par le coronavirus en 2 semaines. Les contacts occasionnels ne présentent pas une source de risque. Le principal facteur de risque est le partage des litières.

QUE SE PASSE-T-IL APRES INFECTION PAR UN CORONAVIRUS ?

On pense que toute souche de coronavirus est susceptible de déclencher une PIF, après mutation.
Le virus se retrouve dans les amygdales, les poumons et la muqueuse intestinale. Si le chat possède des défenses correctes, il peut éliminer le virus. Par contre, si ces défenses ne sont pas suffisantes (chat affaibli par une maladie concomittante, de la malnutrition, ..), l’infection progresse.

Seuls 10 à 15 % des chats infectés par un coronavirus développeront une PIF.

PREDISPOSITION

Les chats de tout âge peuvent déclarer la maladie mais on l’observe surtout chez les jeunes chats de 3 mois à 3 ans et chez les chats âgés de 10 à 14 ans.

Le facteur le plus important qui prédispose à l’apparition de la PIF est le stress : changement de propriétaire (donc période d’achat du chaton), chirurgie (castration, ovariectomie ou autre), gestation, chats en surnombre, maladies concomittantes…

 Il existe une prédisposition génétique de certaines lignées de chats au développement d’une PIF.


SYMPTOMES

Au départ, les symptômes sont d’ordre généraux : anorexie, hyperthermie souvent très forte et qui ne rétrocède pas aux antibiotiques, abattement, déshydratation, amaigrissement. Puis, la maladie peut évoluer sous 2 formes :

   - Forme humide : caractérisée par des épanchements dans les grandes cavités (abdomen, thorax). Les symptômes sont donc un gros ventre (rempli de liquide) et/ou une difficulté pour respirer (dû à la présence de liquide autour des poumons). S’y ajoute une anémie, une jaunisse, diarrhée, vomissements.

   - Forme sèche : atteinte des yeux (uvéite), des reins, du foie, du système nerveux, parfois des intestins, pancréas, rate. Les symptômes cliniques sont donc en rapport avec la défaillance de ces organes (insuffisance rénale, insuffisance hépatique,….)

DIAGNOSTIC

   - Les signes cliniques ne font qu’orienter le diagnostic puisque aucun signe n’est vraiment caractéristique de la PIF (les épanchements se retrouvent dans beaucoup d’autres affections).

   - Un bilan sanguin peut aussi orienter en sa faveur (taux de protides élevés très fréquemment retrouvé, augmentation des paramètres du foie et des reins sont aussi fréquents,…).

   - L’examen du liquide d’épanchement est aussi très intéressant car il possède des caractéristiques particulières : il est jaune paille à ambre, épais, visqueux. Son analyse peut permettre soit d’écarter définitivement la PIF soit d’être en faveur de cette maladie (mais pas d’être sûr à 100% que c’est la PIF car rien n’est vraiment caractéristique).

   - L’examen sérologique est aussi à utiliser mais là encore, ce n’est pas parce que le test est positif que le chat a la PIF puisque le test ne permet en fait que de mettre en évidence la présence d’anticorps dirigé contre le coronavirus. Un résultat positif au test signifie simplement que le chat a eu un contact avec un coronavirus, sans préciser si c’est un coronavirus bénin ou dangereux. Un résultat négatif chez un chat sans symptômes signifie que le chat est indemne s’il n’a pas pu avoir de contact infestant depuis 8 semaines mais ne permet pas d’exclure une PIF si le chat présente des symptômes.

En conclusion, le diagnostic de la PIF est très difficile et doit tenir compte des symptômes observés et des résultats des examens sanguins.

Le seul diagnostic de certitude de la PIF est l’analyse histologique des lésions et donc, le plus souvent, est post-mortem.

Du vivant de l’animal, c’est l’accumulation de signes en faveur de la PIF qui oriente vers la PIF maladie.
Les tests sérologiques ne sont pas d’une grande aide pour le diagnostic de la maladie ! !

TRAITEMENT

Le pronostic de la PIF est très sombre : la survie sans traitement est de quelques jours à quelques semaines et de quelques mois (1 à 3) avec un traitement à base de corticoïdes, antibiotiques.

Mais, depuis quelques mois, un nouvel espoir est né. Des résultats très encourageants ont été publiés au Japon avec l’utilisation de l’interféron félin. Sur 12 chats traités, 4 sont cliniquement guéris depuis plus de 2 ans sans rechute, 2 ont eu une rémission de 4-5 mois puis ont rechuté, et les 6 autres sont décédés selon l’évolution habituelle en 2 à 6 mois.

Cette thérapeutique ouvre donc des perspectives de guérison durable de la PIF pour environ 1/3 des chats ce qui n’est pas négligeable du fait de l’évolution habituellement mortelle en quelques mois.

PREVENTION

Un vaccin est commercialisé dans certains pays mais non dénué de risque puisqu’il pourrait posséder un pouvoir pathogène résiduel et donc déclencher la maladie chez certains chats. Il n’est pas autorisé en France pour cette raison.

Dans les élevages, pour vendre un chaton né de mère positive, indemne de coronavirus, il faut les sevrer tôt (4 à 6 semaines) et les séparer de leur mère (les chatons étant protégés d’une infection pendant ces 4 à 6 semaines par les anticorps transmis par leur mère). Ceci pose l’inconvénient du manque de sociabilisation des chatons……

Conclusion : la PIF est une maladie atteignant les jeunes et les animaux âgés, de diagnostic très difficile (les tests sérologiques n’apportant que très peu de renseignement) et de pronostic sombre. Toutefois, un nouveau traitement est à l’essai et paraît prometteur.

 

 


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