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Déclaration des droits
de
l'homme et de la femme à l'Amour
Te
rencontrer sans te réduire
Te
désirer sans te posséder
T'aimer
sans t'envahir
Te
dire sans me trahir
Te
garder sans te dévorer
T'agrandir
sans te perdre
T'accompagner
sans te guider
Et
être ainsi moi-même au plus secret de toi...
Jacques
Salomé
*
* *
Accepter l’autre
L’amour commence lorsqu’on accepte
l’autre
dans sa différence et sa liberté.
Accepter que l’autre soit habité
par d’autres présences que la
nôtre,
n’avoir pas la prétention de
répondre à tous ses besoins,
à toutes ses attentes, ce n’est pas
se résigner
à l’infidélité à notre égard,
c’est vouloir comme la plus haute
preuve d’amour
que l’autre soit d’abord fidèle à
lui-même.
Même si cela est souffrance pour
nous,
c’est une souffrance féconde
parce qu’elle nous oblige à vivre
intensément
cette dépossession enrichissante.
C’est un être libre que nous
étreignons,
avec toutes ses possibilités,
même celles qui nous échappent.
Rien n’est plus grand que ce
partage
de la véritable personnalité de
chacun.
L’autre nous interpelle, fût-ce en
nous heurtant,
et même si le choc nous brise,
il nous oblige à renoncer à notre
fermeté possessive,
à devenir autre par la révélation
de l’autre.
Garaudy
* * *
La paix
La paix aurait
pu être une fleur sauvage,
De ces fleurs
des champs que nul ne sème ni ne moissonne.
La paix aurait
pu être une de ces fleurs des prés
Que l’on
trouve toute faite un beau matin
Au bord du
chemin, au pied d’un arbre
Ou au détour
d’un ruisseau.
Il aurait
suffi de ramasser la paix
Comme on
ramasse les champignons,
ou on cueille
la bruyère ou la grande marguerite.
Au contraire
la paix est un travail, c’est une tâche.
Il faut faire
la paix comme on fait le blé.
Il faut faire
la paix comme il faut des années
Pour faire une
rose
Et des siècles
pour faire une vigne.
La paix
n’existe pas à l’état sauvage :
Il n’y a de
paix qu’à visage humain.
Jean
Debruynne
* * *
Prends ma main
Prends ma
main. Ne la lâche pas…
Je ferai pour
toi des bouquets de soleil.
J’allumerai
des feux de joie
Là où chacun
ne voyait plus que des cendres.
Donne-moi la
main…
Je
t’apprendrai ce que je sais. C’est peu…
Tu
m’apprendras ce que tu sais. C’est beaucoup…
Prends ma
main…
Cinq doigts
fermés autour des nôtres,
c’est le plus
beau cadeau du monde.
Cela nous
préserve de la peur, de l’abandon, du doute.
Je te prêterai
un peu de ma folie.
Enseigne-moi
un peu de ta sagesse.
Tu es toi. Je
suis ce que je suis…
Mettons notre
orgueil sur la paille.
Tâchons
d’apprendre l’humilité.
Qu’importe les
mots…
Ce que je
t’offre aujourd’hui,
C’est quelque
chose que ni le temps, ni les rides,
Ni les
infirmités ne pourront abîmer.
C’est le don
de ceux qui ne peuvent vivre sans aimer.
Prends ma
main…
Apprenons le
chemin qui mène à la tendresse.
S.
conduche
* * *
Le bonheur
Le bonheur
c’est tout petit, si petit que parfois on ne le voit pas.
Alors on le
cherche partout.
Il est là,
dans l’arbre qui chante dans le vent,
L’oiseau le
crie dans le ciel, la rivière le murmure,
Le ruisseau le
chuchote, le soleil, la goutte de pluie le disent.
Tu peux le
voir, là, dans le regard de l’enfant,
le pain que
l’on rompt et que l’on partage, la main que l’on tend.
Le bonheur
c’est tout petit, si petit que parfois on ne le voit pas
Et on le
cherche dans le béton, l’acier, la fortune.
Mais le
bonheur n’y est pas, ni dans l’aisance, ni dans le confort.
On veut se le
construire mais il est là, à côté de nous,
et on passe
sans le voir car le bonheur est tout petit.
Il ne se cache
pas, c’est là son secret.
Il est là tout
près de nous et parfois en nous…
* * *
L'Ange habite dans le sourire. Le
sourire est le Symbole. Le sourire est le Pont...
Dialogues avec l'Ange
* * *
Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour
une
alliance qui vous enchaîne l’un l’autre.
Emplissez chacun la coupe de l’autre,
mais
ne buvez pas une seule et même coupe.
Dressez-vous côte à côte mais pas trop près.
Car le
chêne ne s’élève point dans l’ombre du cyprès.
Khalil
Gibran
* * *
Etre
silence.
Qui
demeure immobile tout au fond de soi,
Où la
parole s’enracine et prend naissance,
Atteint la source ineffable et se tient coi.
Rainer
Maria Rilke
***
Avoir
un enfant, c'est accepter que votre coeur se sépare de votre corps
et marche à vos côtés pour toujours...
* * *
Il n'y
a ni Russes, ni Anglais, ni Juifs, ni Chrétiens.
Il n'y a que des hommes poursuivant un même but, devenir capables
d'être...
Georges Gurdjieff
* * *
Si le
papillon s’est brûlé à la lumière,
la
lumière a connu les ailes du papillon
et les
a aimées.
Evangile de la colombe
* * *
Ce
jour n’aura pas son semblable.
Chaque
instant est un joyau inestimable.
Ta
Kuan
* * *
Plus
je vieillis, plus je vois que la seule chose
qui ne
vieillit pas, ce sont les rêves.
Jean
Cocteau
* * *
Vous
êtes en train de lire…
Surprenez-vous en train de lire…
Vous
êtes là.
Voici
votre corps sur cette chaise.
Vos
jambes.
Vos
épaules probablement contactées,
Ou vos
mains, ou votre mâchoire,
Ou
votre front et votre crâne.
Oui,
c’est ça, relâchez-les.
Et
relâchez votre ventre, votre meilleur ami.
Vous
savez : le ventre des statues de Bouddha,
Même
celles dont le visage est le plus spiritualisé.
Vous
êtes là. Qui lit cette page ?…
Qui
pense ? Comment ?
Et
dans votre poitrine, qu’est-ce qui se passe ?…
Et
oui, ça fait bien des années que votre vie se déroule,
Avec
des succès, des échecs, et beaucoup d’oublis.
Mais
maintenant, ici, là, tout de suite.
Elle
est là, cette vie.
Vous
êtes là…
Vers
quoi allez-vous ? Pourquoi ?
Arnaud
Desjardins
* * *
Ne pas
railler,
ne pas
déplorer,
ne pas
maudire,
mais
comprendre
Spinoza
* * *
Si tu
diffères de moi, frère,
loin
de me léser, tu m’enrichis.
Antoine de St-Exupéry
* * *
Proverbe chinois
Le
bavardage est l’écume de l’eau,
l’action est une goutte d’or.
* * *
Paroles indiennes
Qu’est-ce que la vie ?
C’est
l’éclat d’une luciole dans la nuit.
C’est
le souffle d’un bison en hiver.
C’est
la petite ombre qui court dans l’herbe
Et se
perd au coucher du soleil…
Crowfoot, chef blackfeet
* * *
Poèmes
à Lou, extrait
D’Apollinaire
Lorsque deux nobles cœurs se sont vraiment aimés
Leur
amour est plus fort que la mort elle-même
Cueillons les souvenirs que nous avons semés
Et
l’absence après tout n’est rien lorsque l’on s’aime
* * *
Aux
heures difficiles
Aux heures
difficiles
Quand les
souffrances d’antan
Se réactivent
Seul le corps
peut dire
Ce que la
bouche n’a pu sortir.
Alors la
nouvelle parole qui jaillit
Met les mots
qui cicatrisent
Qui réparent,
qui achèvent et qui guérissent.
Et du corps
peut enfin surgir
Le Grand Cri
de la Vie.
Et de la
bouche
La langue
aussi se délie
Pour que parle
la voix de l’oubli
Pour que
naissent
Des maux
enfouis
Tous les mots
qui nous disent…
Françoise Blot
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